Une journée à l’UNESCO : immersion au coeur du multilatéralisme et de la culture de la paix
Un article écrit par Killian en stage à la MIR
Le mardi 26 mai 2026, dans le cadre de mon stage à la Maison Internationale de Rennes, j’ai eu l’opportunité de participer à une journée de découverte au siège de l’UNESCO à Paris, organisée en partenariat avec l’association Mouvement de la Paix, adhérente auprès de la MIR.
Cette immersion au sein d’une institution majeure des Nations Unies a permis d’appréhender les missions de l’UNESCO de manière concrète. Celle-ci agit dans différents domaines, tous d’ailleurs liés de près ou de loin à ceux de la MIR : l’éducation, la culture, les sciences, la préservation du patrimoine mondial ou encore la préservation de la paix.
Au-delà d’être un acteur sur les champs d’action cités, l’UNESCO apparaît surtout comme un espace central de multilatéralisme. Dans une démarche commune de construction et de diffusion d’une culture de la paix, les États, les institutions et les acteurs de la société civile utilisent le dialogue comme outil principal.
L’UNESCO, symbole de coopération internationale
Avant d’être une organisation internationale, l’UNESCO est dans un premier temps un des symboles de l’après-guerre et de la volonté de construire la paix. Fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle repose sur la conviction que le dialogue et la coopération entre les femmes et les hommes sont les clés pour une paix durable dans le monde. Cette institution incarne physiquement les idéaux qu’elle défend.
La volonté de coopération entre les peuples se retrouve dans l’architecture et les espaces de son siège à Paris. Inauguré en 1958, le bâtiment en étoile à trois branches a été conçu grâce à la collaboration d’architectes, ingénieurs et artistes du monde entier. Chaque État a apposé sa pierre à l’édifice, à sa manière. La Norvège et la Belgique ont apporté leurs matériaux et leur savoir-faire pour le sol du bâtiment. La Chine quant à elle a mis à disposition un médecin spécialisé en acuponcture, tandis que le Japon contribua aux espaces extérieurs avec un jardin. Cette liste non-exhaustive démontre dans quelle mesure la coopération était de mise dès la genèse de l’UNESCO.
Cette dimension apparaît au fil de la visite à travers les nombreuses oeuvres d’art offertes par les États ou réalisées spécialement par des artistes de renommée mondiale.
Sculptures, peintures et mosaïques témoignent de la diversité culturelle mise en avant par l’institution. On y retrouve notamment la sculpture « l’Homme qui marche » d’Alberto Giacometti ou encore « La chute d’Icare » de Pablo Picasso.
Les États financent également l’UNESCO par une cotisation annuelle proportionnelle à leur produit intérieur brut respectif, faisant de cette institution un véritable projet international.
Une institution essentielle à l’équilibre fragile
La visite du siège de l’UNESCO a permis de mieux comprendre le fonctionnement interne de l’organisation et l’ensemble de ses champs d’intervention. La dimension de coopération internationale et la préservation de la paix sont centrales. Pourtant le monde fait face à de fortes tensions géopolitiques à différents endroits et pour différentes raisons. Dans ce contexte international peu rassurant et laissant peu de place au dialogue entre les peuples, l’UNESCO se doit de jouer un rôle fondamental.
Si l’on a appris que tous les États contribuaient, on a également su que les États-Unis et Israël avaient décidé de se retirer et quitter l’organisation. Le financement américain était conséquent et l’impact sur les finances se fait ressentir. Il convient d’ajouter à ces contraintes budgétaires une mise à l’écart du dialogue pour laisser place à des agressions armées dans le règlement des différends. Malgré les défis structurels importants, l’UNESCO continue d’être un acteur important et il est nécessaire qu’elle agisse comme un garant du dialogue international et de la coopération entre les États membres.
Un échange diplomatique au cœur des enjeux internationaux
Le temps fort de cette journée a été la rencontre avec Laura Álvarez Delgado, membre de la délégation permanente de Cuba à l’UNESCO.
Cet échange de près d’une heure a permis d’aborder le rôle de la diplomatie cubaine au sein de l’organisation eu égard au contexte actuel auquel le pays fait face. En effet, la population cubaine se retrouve dans une situation critique, due au blocus américain. La paix est délaissée, Cuba abandonné et ses citoyens en danger.
Au-delà de la gravité de cette situation expliquée par la diplomate cubaine, la discussion a mis en lumière l’importance du dialogue au sein de cette institution mais aussi la difficulté de mettre cela en pratique. Dans une journée dédiée tout particulièrement à la paix avec l’association Mouvement de le Paix, il était intéressant d’échanger pour réfléchir ensemble à ce sujet trop peu médiatisé.
Cette découverte de l’UNESCO aura donc été enrichissante sur plusieurs aspects. Bien qu’étant à une tout autre échelle en comparaison avec la Maison Internationale de Rennes, les parallèles entre ces deux structures sont remarquables, que ce soit en termes de valeurs ou de champs d’action. A leur échelle respective, il est essentiel pour celles-ci de poursuivre leur œuvre au service de la paix et de la solidarité internationale.