Tribune – Journée internationale de la Paix

Le 21 septembre, la Journée internationale de la Paix nous rappelle que la quête de l’harmonie entre les peuples ne peut être réduite à un simple idéal symbolique. En effet, elle doit devenir une réalité tangible et concrète, inscrite dans nos institutions, nos pratiques et nos consciences. Or, à l’heure où les tambours des armes couvrent trop souvent la voix des peuples, la paix demeure absente et fragile, menacée par les conflits, les guerres, les inégalités et les crises écologiques.

Ainsi, je propose l’introduction d’une Déclaration Universelle de la Paix et de l’Humanité, qui puisse s’ajouter, en miroir, à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Cette dernière a sanctuarisé la dignité de la personne, il est temps de sanctuariser les conditions collectives de notre vivre-ensemble.

Les différents piliers de la Paix 
La Paix doit être construite autour de piliers solides et universels :

La Paix humaine, d’abord repose principalement sur le respect de la dignité de chaque être. L’Afrique du Sud, après l’apartheid a démontré qu’un peuple pouvait faire le choix de la réconciliation plutôt que la vengeance. La Commission Vérité et Réconciliation, inspiré par Nelson Mandela et Desmond Tutu, a permis d’apaiser de profondes blessures et de reconstruire une société sur la reconnaissance mutuelle.

La Paix démocratique, s’érige, par la résolution des différends aux respects des constitutions, des institutions et de la volonté des peuples. L’exemple de la réconciliation franco-allemande après la 2ᵈ Guerre mondiale, scellée par la construction européenne, illustre la puissance de la démocratie comme levier de paix. Ce choix historique a transformé d’anciens ennemis irréconciliables en partenaires indissociables.

La Paix sociale exige justice et égalité. Là, où les inégalités explosent, les tensions se multiplient. Les sociétés scandinaves, en faisant le choix d’investir, dans la redistribution et la protection sociale, ont prouvé qu’une paix durable et équitable se fonde sur la réduction des fractures et la prévention de la colère.

La Paix écologique est devenue déterminante. La destruction des écosystèmes nourrit les conflits pour l’eau, la terre et les ressources. L’accord de Montréal de 1987, qui a permis de sauver la couche d’ozone grâce à une coopération internationale, a montré qu’un engagement collectif peut préserver l’avenir en commun. Préserver notre planète n’est plus une option : c’est une condition de survie et de paix.

La Paix économique, repose en partie sur la coopération et le partage équitable. Lorsque la misère prospère, la violence suit un chemin. Mais, lorsque les nations font le choix de la solidarité, la paix en sort toujours grandit. Le Plan Marshall, en 1947, a reconstruit l’Europe dévastée par l’entraide et non la domination, ouvrant une voie salutaire et une ère de stabilité. Cette démarche de solidarité internationale demeure une nécessité face aux défis à venir.

La Paix de l’esprit, est le fondement de la réconciliation intérieure et de l’ouverture à autrui pour s’élever et s’éveiller. Gandhi en Inde, Martin Luther King aux États-Unis, ont montré que la non- violence, la force morale et mentale, pouvaient pacifiquement renverser les injustices. La paix extérieure commence toujours par la paix intérieure.

La Paix du vivant, enfin, émane par le respect de toutes formes de vie. Aujourd’hui, des juristes débattent de la reconnaissance de l’écocide comme crime international : signe que la paix entre humain ne suffit plus si elle s’obtient seulement aux prix de la destruction du reste du monde vivant. Le respect de la biodiversité est la garantie d’un avenir paisible.

Des propositions concrètes 

       1L’intégration d’un volet éducatif à chaque processus de paix, pour permettre la connaissance des cultures, la mémoire des conflits et l’apprentissage du vivre-ensemble.

    2Inclure un volet de réparation, par la reconnaissance des injustices, des réparations aux victimes à travers une assurance « Fond mondial de réparation pour la Paix » à l’image, des assurances contre les catastrophes naturelles, qui indemniserait les victimes de guerre et des violences illégitimes, en leur permettant de reconstruire dignement une vie.

       3. La garantie de la place des sociétés civiles dans toute négociation de paix est indispensable. L’absence de la voix des peuples, rends les accords fragiles et lents. C’est ainsi, que les femmes du Liberia, mobilisées sous l’impulsion de Leymah Gbowee, ont joué un rôle décisif dans la fin de la guerre civile en 2003.

       4Réorienter progressivement les budgets de l’armement vers la prévention des conflits, la lutte contre le réchauffement climatique et l’aide humanitaire, afin d’éteindre des braises qui viendraient enflammer des nations entières.

    5Reconnaissance de la santé mentale comme bien commun de l’humanité, indispensable à la Paix intérieure et extérieure.

     6. La création d’un programme universel d’échanges intergénérationnels, inspiré d’Erasmus, mais à l’échelle mondiale, ouvert aux jeunes comme aux aînés. Un tel programme permettrait de tisser des liens de confiance, de connaître les cultures et les mémoires, de réduire les préjugés et de bâtir une citoyenneté mondiale à travers une expérience partagée entre générations.

La Journée internationale de la Paix doit devenir un rendez-vous stratégique où la communauté mondiale évalue ses progrès et ses manquements.

Vers des piliers de l’Humanité

Ces piliers de la Paix s’inscrivent dans une dynamique commune : les piliers de l’Humanité. Une Paix sans humanité serait une trêve, une humanité sans paix serait un simple mirage.

Les piliers de l’Humanité, sont, eux aussi, universels : le respect et la considération d’autrui, posent les bases de toute relation saine ; la solidarité entre les peuples, sans laquelle aucune communauté mondiale ne peut subsister ; la responsabilité envers le vivant, nous obligeant à protéger la diversité fragile de notre planète ; et la transmission centrale d’un héritage de justice et de fraternité aux générations futures, afin que nos enfants ne puissent répéter nos erreurs.

En conclusion
La Journée Internationale de la Paix nous rappelle, qu’il est possible par la volonté, la lucidité, le courage individuel et collectif, de transformer la peur en confiance, la division et haine en fraternité, les conflits en une unité paisible. La Paix et l’Humanité ne sont pas deux idéaux propres, mais deux chemins ne prenant sens qu’ensemble. Elles sont possibles dès lors que nous choisissons de la bâtir.

Zhiey GNADOU, Co-président de la Maison Internationale de Rennes.
Rennes, le 15/09/25

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Author: Contact MIR