Avons-nous perdu notre humanité ? (30 avril 2015)

Avons-nous perdu notre humanité ? Tout porte à le croire. Dans l’indifférence la plus totale, des centaines de femmes, d’enfants et d’hommes perdent la vie en Méditerranée.

Depuis le début de l’année ils sont plus de 1800 migrants  à avoir connu cette triste fin.
Notre Mare Nostrum qui fut le berceau de la civilisation est aujourd’hui un véritable cimetière marin où bon nombre de  victimes auront pour terrible destin de servir de nourriture à la faune aquatique.

Que fait l’Union européenne, que fait la patrie des Droits de l’Homme devant un tel désastre ? Est-il convenant de mener la réflexion sur l’amélioration des performances de FRONTEX et de penser à sanctionner les filières mafieuses de passeurs alors que l’on reste totalement indifférent aux causes premières qui poussent ces migrants à quitter leur pays ?

Nous le savons tous. Nul ne quitte son pays, sa famille, son environnement familier de gaieté de cœur. La guerre, l’oppression, les changements climatiques, l’absence d’avenir pour eux-mêmes et leurs enfants poussent les migrants sur la voie d'un départ ô combien hasardeux.

La solidarité devrait être notre réaction première. C’est ce dont fait preuve l’Italie, premier témoin du désastre qui  garde toujours en mémoire que bon nombre de ses citoyens ont aussi connu la souffrance de la migration au siècle dernier. L’Italie  a dû appeler les autres pays de l’Union à réagir ;  Ces derniers entrouvrent  timidement leur porte alors que d’autres pays moins riches, notamment le Liban et la Jordanie accueillent les migrants par millions.

Une autre forme de solidarité plus pérenne serait de redonner confiance à cette jeunesse désespérée en contribuant  au développement des pays du Sud,  en bâtissant des partenariats dans l’intérêt de tous.

L’Afrique est un continent riche de sa jeunesse, mais aussi  de ses ressources dont elle doit être le premier bénéficiaire. L’Europe et l’Afrique ont une communauté de destin que qu’elles doivent bâtir ensemble.

Au Moyen-Orient, la question de l’ingérence à des fins d’importation de la démocratie a conduit au désastre, a  réveillé les fanatismes dont les populations sont aujourd’hui les victimes expiatoires. Des solutions politiques doivent être trouvées.

Ne faisons pas des migrants « un problème » qui vient nourrir les projets électoraux. Retrouvons notre humanité et trouvons de vraies solutions pour que tout comme l’air et l’eau sont le bien de tous,  le droit à la vie et à un avenir heureux le soient aussi.

Ghania Boucekkine, Présidente

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